La respiration est un langage – un langage de la psychologie. Ceci est évident dans toutes langues. Chaque langue a maintes expressions à propos du souffle. Voici quelques exemples de la manière dont le français décrit certains états psychologiques étroitement liés à notre façon de respirer.
On attend "en retenant son souffle." On "retient son souffle" par anticipation si l’on perçoit un danger et pendant les moments de tension, de pression, de stress, de peur, de danger et d’excitation.Quand nous nous retrouvons finalement à l’aise et tranquilles, nous "respirons librement" et "sans contrainte."
Dans l’effort on peut tout faire "en l’espace d’une seule respiration." La conséquence d’un tel effort va sûrement nous amener à être "à bout de souffle."
On court jusqu’à ce qu’on soit "hors d’haleine," "essoufflé;" on a "perdu son souffle" et on doit le reprendre.
L’étonnement tout comme l’épuisement, nous font "haleter." On est tenu "en haleine." Quand on reçoit une bonne nouvelle, la surprise et la joie peuvent nous "couper le souffle." Une mauvaise nouvelle peut nous faire suffoquer de telle sorte que nous devrons "chercher notre respiration" (ou "reprendre notre souffle"). " Laisse-moi souffler !" dit-on.
On parle d’une voix "étranglée par les sanglots;" on "s’étrangle de rire;" on "étouffe de rage." Dans toutes ces circonstances, il faut "respirer à fond."
Il faut également "respirer à fond" après avoir reçu un choc et en cas de stress, pour que "le souffle reprenne" son rythme normal et que l’on puisse retrouver son sang-froid.
On doit exécuter une tâche "pour laquelle il faut du souffle." Le travail est tellement exigeant qu’on "souffle comme un phoque" ou "comme un boeuf." Mais, on a "du souffle" et on réussit! Content, "on gonfle sa poitrine."
Peut-être est-ce "le souffle du génie" ou "le souffle créateur?"
Une personne a tendance à "souffler le chaud et le froid" et, du fait qu’elle est toujours stressée, "elle ne prend jamais le temps de souffler." La conséquence en est qu’"on lui a soufflé et sa petite amie et son poste." Et voilà, elle se trouve soufflée. Elle dit à ses copains, " Leur toupet m’a soufflé!"
Le souffle de la vie est une nécessité et "le dernier souffle" signifie la mort.
Comme vous le voyez, dans notre vocabulaire, les expressions sur la respiration concernent notre état émotionnel ou notre état physique, ou les deux ensembles. La respiration, donc, n’est pas seulement un langage psychologique, mais aussi un langage symbolique. Si les rêves sont la voie royale vers l’inconscient, le souffle en est le TGV.
Notre rythme de respiration habituel contrôle notre état de conscience et notre état émotionnel dans la vie de tous les jours. Un changement dans le rythme de la respiration provoque un changement dans l’état de conscience, comme l’indiquent les expressions ci-dessus. Ce que cela signifie c’est qu’on peut utiliser la respiration comme moyen de diagnostic thérapeutique, avec sn propre vocabulaire descriptif et normatif.